vin

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vin

vin [ vɛ̃ ] n. m.
‱ Xe; lat. vinum
1 ♩ Boisson alcoolisĂ©e provenant de la fermentation du raisin. ⇒ Ɠn(o)-, vini-, viti-. Composition chimique du vin : eau (70 Ă  80%), substances minĂ©rales (soufre, phosphore, fer, cuivre, etc.), organiques (sucres, protides; acides; alcools; diastases; tanins; vitamines). Transformation du jus ou moĂ»t en vin par fermentation, sous l'action de levures. PiĂšce de vin. Mettre le vin en fĂ»ts, en tonneaux; en cave, en chais. Soutirer, tirer le vin. PROV. Quand le vin est tirĂ©, il faut le boire. Vin en perce. — Mise en bouteilles du vin. Vin cachetĂ©. — Élevage du vin, prĂ©vention et traitement des maladies, surveillance du vieillissement, etc. — Vin nouveau, consommĂ© dĂšs la fin de la fermentation. Vin trop jeune. Vin qui se fait, se bonifie, travaille. Vin qui dĂ©pose. Vin aigre, piquĂ©, tournĂ©, madĂ©risĂ©. — Vin rouge, dont la couleur vient de la pellicule des raisins noirs. ⇒ rouge (I). Vin blanc, de raisins blancs (blanc de blanc); de raisins noirs sans leurs pellicules. ⇒ 2. blanc. Vins rosĂ©s. Vins jaunes, de paille, pelure d'oignon. Vin rĂ©sinĂ©. — Vin mousseux, naturel (mis en bouteille avant la fin de la fermentation) ou prĂ©parĂ© par champagnisation. — Vin de pays, vin du cru, provenant d'un terroir non dĂ©limitĂ©. Vins courants, ordinaires, de table, de consommation courante. Vin A. O. C., d'appellation d'origine contrĂŽlĂ©e. Vin V. D. Q. S. : vin dĂ©limitĂ© de qualitĂ© supĂ©rieure. Grand vin, provenant d'un cru cĂ©lĂšbre. Vins vieux, bons vins. Vins fins. Vins de coupage, gros vins. Vin ordinaire, mauvais vin. ⇒fam. piccolo, picrate , pinard, 1. piquette, vinasse (cf. Gros rouge). — Petit vin, vin de pays, vin de terroir, naturel. Vins de France. ⇒ bordeaux, bourgogne, 2. champagne, etc. Vins d'AlgĂ©rie. Vins d'Espagne, d'Italie, du Rhin. — GoĂ»t du vin; vin bouquetĂ© (⇒ 1. bouquet) , fruitĂ©, gouleyant, rond, qui a de l'arĂŽme, du corps. Vin long en bouche. Vin Ăąpre, rĂąpeux. Vin capiteux, fort, gĂ©nĂ©reux. Vin clairet, lĂ©ger, moelleux. Vin sec; doux, sucrĂ©. Lie de vin. Vin baptisĂ©, coupĂ©.
♱ Vins doux naturels et vins de liqueur : vins trĂšs chargĂ©s en sucre, auxquels on ajoute de l'alcool de raisin en cours de fermentation (ex. muscat, porto). — Vins aromatisĂ©s, utilisĂ©s comme apĂ©ritifs. ⇒ vermouth. Vins cuits. Vin d'orange : vin rouge dans lequel on fait macĂ©rer des oranges. ⇒ sangria. Vin chaud : vin rouge Ă©picĂ© et sucrĂ©, servi brĂ»lant. Eaux-de-vie de vin : armagnac, cognac. — Marchand de vin faisant dĂ©bit de boisson. ⇒ bistrot, mastroquet, troquet. EntrecĂŽte marchand de vin, servie avec une sauce au vin rouge. — Bouteille; fiasque, topette de vin. Carafe, pichet; pot de vin (fig. ⇒ pot-de-vin ). « La loi de Mahomet qui dĂ©fend de boire du vin » (Montesquieu). Boire du vin pur. Mettre de l'eau dans son vin. Loc. prov. Le bon vin rĂ©jouit le cƓur de l'homme (« Bonum vinum lĂŠtificat cor hominis »).— Chambrer le vin rouge. Frapper le vin blanc. — Service des vins (⇒ Ă©chanson, sommelier) . Vin qui va avec un mets. — RagoĂ»t au vin (⇒ civet) . Coq au vin. Maquereau au vin blanc.
♱ SpĂ©cialt Le vin, symbole de l'ivresse, de l'ivrognerie. Sac Ă  vin : ivrogne. Cuver son vin. Vin qui monte Ă  la tĂȘte, tourne la tĂȘte. Être pris de vin. ⇒ avinĂ©. « Profondes joies du vin, qui ne vous a connues ? » (Baudelaire). — Avoir le vin gai, triste, l'ivresse gaie, triste.
2 ♩ Par ext. QuantitĂ© de vin bue en certaine occasion. Vin d'honneur, offert en l'honneur de qqn. Être entre deux vins, un peu gris.
3 ♩ SpĂ©cialt L'une des deux espĂšces sous lesquelles se fait la consĂ©cration. ⇒ eucharistie. « Le vin est une substance sacramentelle » (Huysmans). Consacrer le pain et le vin. — Vin de messe : vin naturel utilisĂ© dans la liturgie romaine.
4 ♩ Par anal. Liqueur alcoolisĂ©e, obtenue par fermentation d'un produit vĂ©gĂ©tal. Vin de palme, de pĂȘches, de noix, de myrtilles.
⊗ HOM. Vain, vingt.

● vin nom masculin (latin vinum) Boisson fermentĂ©e prĂ©parĂ©e Ă  partir de raisin ou de jus de raisin frais. Nom donnĂ© Ă  tous les jus dont une partie ou la totalitĂ© du sucre est transformĂ©e en alcool par fermentation : Vin de riz. Dans le rite eucharistique, signe sacramentel du sang du Christ. ● vin (citations) nom masculin (latin vinum) Charles Baudelaire Paris 1821-Paris 1867 Un soir, l'Ăąme du vin chantait dans les bouteilles. Les Fleurs du Mal, l'Âme du vin AndrĂ© Berry Bordeaux 1902-Paris 1986 Si le vin de toi n'est aimĂ©, Visiteur retourne en arriĂšre : Le Pont de Bordeaux t'est fermĂ©. Les Esprits de Garonne Julliard, Sequana Charles de Brosses Dijon 1709-Paris 1777 L'amour de la patrie, vertu dominante des grandes Ăąmes, me saisit toujours Ă  l'aspect d'une bouteille de vin de Bourgogne. Lettres italiennes, Ă  MM. de Tournay et de Neuilly Jacques Boutelleau, dit Jacques Chardonne Barbezieux 1884-La Frette-sur-Seine 1968 Sans morale, il n'y a plus de vin de Bordeaux, ni de style. La morale, c'est le goĂ»t de ce qui est pur et dĂ©fie le temps. L'Amour, c'est beaucoup plus que l'amour Albin Michel ChrĂ©tien de Troyes vers 1135-vers 1183 Il y a plus de paroles en un plein pot de vin qu'en un muid de cervoise. Plus a paroles an plain pot De vin qu'an un mui de cervoise. Yvain ou le Chevalier au Lion Marc Antoine DĂ©saugiers FrĂ©jus 1772-Paris 1827 Le ciel fit l'eau pour Jean qui pleure, Et fit le vin pour Jean qui rit. Chansons Pierre Dupont Lyon 1821-Lyon 1870 Bon Français, quand je vois mon verre Plein de son vin couleur de feu, Je songe en remerciant Dieu Qu'ils n'en ont pas dans l'Angleterre. Chansons Victor Hugo Besançon 1802-Paris 1885 Dieu n'avait fait que l'eau, mais l'homme a fait le vin. Les Contemplations, la FĂȘte chez ThĂ©rĂšse, I, 22 Jean Le Houx Vire vers1551-Vire vers1616 L'eau montre Ă  son effet qu'Ă  boire elle n'est bonne : Elle rend l'homme Ă©tique, et pĂąle, et morfondu ; Mais toi, tu rends gaillarde et saine la personne ; L'argent qu'on met pour toi n'est point argent perdu. Commentaire Le poĂšte s'adresse au vin. Michel Leiris Paris 1901-Saint-Hilaire, Essonne, 1990 Tout le chagrin du monde dans une seule coupe de vin. Fibrilles Gallimard François Rabelais La DeviniĂšre, prĂšs de Chinon, vers 1494-Paris 1553 Jamais homme noble ne hait le bon vin. Gargantua, 27 François Rabelais La DeviniĂšre, prĂšs de Chinon, vers 1494-Paris 1553 L'odeur du vin, ĂŽ combien plus est friant, riant, priant, plus cĂ©leste et dĂ©licieux que d'huile ! Gargantua, Prologue Jules Renard ChĂąlons, Mayenne, 1864-Paris 1910 Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin, jusqu'Ă  ce qu'il n'y ait plus de vin. Journal, 3 juillet 1894 Gallimard Charles Augustin Sainte-Beuve Boulogne-sur-Mer 1804-Paris 1869 Les vieux amis sont comme les vieux vins qui, en perdant de leur verdeur et de leur montant, gagnent en chaleur suave. Correspondance, Ă  Paul Lacroix, novembre 1838 HomĂšre IXe s. avant J.-C. Sac Ă  vin ! Ɠil de chien et cƓur de cerf ! L'Iliade, I, 225 (traduction P. Mazon) Bible On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres. Évangile selon saint Matthieu, IX, 17 Talmud Lorsque le vin entre, le secret sort. Talmud, Eroulin, 65 Martin Luther Eisleben, Thuringe, 1483-Eisleben, Thuringe, 1546 Qui n'aime point le vin, les femmes ni les chants, Restera un sot toute sa vie durant. Wer nicht liebt Wein, Weib und Gesang, Der bleibt ein Narr sein Lebelang. Commentaire Ces deux vers fameux sont attribuĂ©s Ă  Luther, mais citĂ©s pour la premiĂšre fois par la revue Wandsbecker Bote, en 1775 (n°75) dans un poĂšme intitulĂ© « Devise an einem Poeten ». John Steinbeck Salinas, Californie, 1902-New York 1968 Un peu d'amour, c'est comme un peu de bon vin
 Trop de l'un ou trop de l'autre rendent un homme malade. A little love is like a little wine. Too much of either will make a man sick. Tortilla Flat, 15 ● vin (difficultĂ©s) nom masculin (latin vinum) Orthographe 1. Marchand de vin / de vins. On distinguait autrefois entre le marchand de vin, qui tenait un Ă©tablissement oĂč l'on consommait du vin sur place et oĂč l'on vendait Ă©galement du vin Ă  emporter, et le marchand de vins, nĂ©gociant en vins. Les marchands de vin Ă  l'ancienne ayant Ă  peu prĂšs disparu, on n'Ă©crit plus guĂšre aujourd'hui que marchand de vins (= commerçant qui tient une boutique de vins fins Ă  emporter, caviste). 2. Marchand de vin loc. adj. inv. (= cuit avec du vin rouge et des Ă©chalotes, en parlant d'une prĂ©paration culinaire) s'Ă©crit sans trait d'union et reste invariable : des entrecĂŽtes marchand de vin. ● vin (expressions) nom masculin (latin vinum) Avoir le vin gai, triste, mauvais, etc., manifester de la gaietĂ©, de la tristesse, de la mĂ©chancetĂ©, etc., en Ă©tat d'ivresse. Être entre deux vins, ĂȘtre quelque peu ivre. Grand vin, vin des crus les plus renommĂ©s. Petit vin, vin de terroir, de pays. Route des vins, itinĂ©raire touristique reliant les localitĂ©s produisant les crus fameux d'un vignoble rĂ©putĂ©. Vin d'appellation d'origine contrĂŽlĂ©e (A.O.C.), vin rĂ©pondant Ă  des critĂšres bien dĂ©finis concernant l'aire de production, les cĂ©pages utilisĂ©s, le rendement Ă  l'hectare, la technique de vinification, le degrĂ© alcoolique minimal. Vin aromatisĂ©, vin utilisĂ© pour la fabrication d'apĂ©ritifs Ă  base de vin (vermouth, quinquinas). Vin de cafĂ©, vin rosĂ© dont la cuvaison a durĂ© moins de vingt-quatre heures. Vin chaud, boisson faite de vin rouge chauffĂ© dans lequel on fait macĂ©rer des Ă©pices. Vin de consommation courante (V.C.C.), vin qui n'appartient Ă  aucun rĂ©gime particulier. (Ils reprĂ©sentent 62 % de la rĂ©colte de vin en France.) Vin de coupage, vin obtenu par le mĂ©lange de vins de provenances diffĂ©rentes. Vin cuit, vin provenant de moĂ»t concentrĂ© Ă  chaud, qu'on laisse fermenter. Vin dĂ©limitĂ© de qualitĂ© supĂ©rieure (V.D.Q.S.), vin d'appellation simple, donnant au consommateur une garantie de qualitĂ© et qui doit ĂȘtre produit dans des conditions bien dĂ©finies (aire de production, encĂ©pagement, degrĂ© alcoolique, rendement maximal Ă  l'hectare). [Cette appellation est en voie de disparition.] Vin doux naturel, vin possĂ©dant naturellement une richesse alcoolique d'au moins 14° et enrichi en cours de fermentation de 5 Ă  10 % d'alcool. Vin d'honneur, petite cĂ©rĂ©monie au cours de laquelle on boit du vin en l'honneur d'un personnage de marque, ou pour fĂȘter un Ă©vĂ©nement. Vin de messe, vin naturel utilisĂ© dans la liturgie romaine. Vin naturellement doux, ou moelleux, ou liquoreux, vin n'ayant Ă©tĂ© l'objet d'aucune addition d'alcool, mais dont la fermentation n'a pas transformĂ© tout le sucre en alcool. Vin nouveau ou vin de primeur, vin commercialisĂ© rapidement aprĂšs la vendange. Vin ouvert, en Belgique, vin vendu en carafe, dans un cafĂ©, un restaurant. Vin de raisins secs, vin obtenu par macĂ©ration de raisins secs dans de l'eau chaude, puis par fermentation. Vin de riz, vin prĂ©parĂ© Ă  partir de riz cuit Ă  la vapeur, puis soumis Ă  fermentation. Vin de table, vin de consommation courante. ● vin (homonymes) nom masculin (latin vinum) vain adjectif vainc forme conjuguĂ©e du verbe vaincre vaincs forme conjuguĂ©e du verbe vaincre vingt adjectif numĂ©ral vingt nom masculin invariable vins forme conjuguĂ©e du verbe venir vint forme conjuguĂ©e du verbe venir vĂźnt forme conjuguĂ©e du verbe venir

vin
n. m.
d1./d Boisson alcoolisée obtenue par fermentation du jus de raisin. Vin blanc, rosé, rouge. Vin mousseux.
— Vin de table, de consommation courante.
— (Luxembourg, Suisse) Vin ouvert, servi en pichet.
|| Loc. Vin d'honneur: réception offerte pour honorer qqn, qqch. Syn. (Suisse) verrée.
— Fig., Fam. Mettre de l'eau dans son vin: se modĂ©rer dans ses opinions; rabattre de ses prĂ©tentions.
— Cuver son vin: dormir aprĂšs s'ĂȘtre enivrĂ©.
— Prov. Quand le vin est tirĂ©, il faut le boire: lorsqu'une affaire est engagĂ©e, il faut la mener Ă  son terme, en acceptant d'en supporter les consĂ©quences.
d2./d Boisson alcoolisée obtenue par fermentation d'un produit végétal.
— Vin de palme, fait avec la sĂšve de diffĂ©rents palmiers.
— (Afr. subsah.) Vin de mil, de maïs, de banane(s).
— (ViĂȘt-nam) Vin d'ananas: boisson lĂ©gĂšrement alcoolisĂ©e Ă  base d'ananas sauvage.

⇒VIN, subst. masc.
I. — Courant
A. — [Issu exclusivement du raisin]
1. a) Boisson, généralement alcoolisée, résultant de la fermentation du raisin ou du jus de raisin. Synon. pop. picrate, pinard. Vin bouché; amateur de vin; cave à vin; sauce au vin; goutte de vin; quart de vin; canon, fillette, pot de vin; verre à/de vin; acheter, boire, faire du vin; mettre du vin en bouteilles ; vin en carafe, en pichet, en bouteille. S'étant aperçu que le vin lui déliait la langue, et qu'il trahissait les pensées secrÚtes de son ùme, il s'était dit: « La vigne est un plant de Gomorrhe (...): tu ne boiras plus le jus de la treille » (ERCKM.-CHATR., Ami Fritz, 1864, p. 150).
[Dans un cont. métaph.]:
‱ 1. Il regarde dans son dedans; vers la cave de sa poitrine oĂč tant de choses se sont entassĂ©es depuis quatre-vingts ans de vie. Et ça s'est dĂ©bouchĂ© tout d'un coup, ça a coulĂ©, clair, puis Ă©pais, puis clair encore, la lie et le vin mĂ©langĂ©s, comme si la bonde avait sautĂ© d'un tonneau oubliĂ©.
GIONO, Colline, 1929, p. 115.
SYNT. Vin cachetĂ©; vin de coopĂ©rative, de nĂ©gociant, de propriĂ©taire; vin en cercles, en fĂ»ts, en citerne, en vrac; barrique, cuve, feuillette, foudre, muid, pipe, tonneau de vin; hectolitre de vin; carafe de vin; bonbonne, bouteille, caisse de vin; Ă©leveur, marchand de vin; commerce, fabrication, production, rĂ©colte, transport du vin; pays, rĂ©gion de vin; civilisation du vin; clarification, Ă©levage, filtrage, soutirage du vin; coq, lapin, pĂȘche, sole, soupe au vin; maquereau au vin blanc; clarifier, coller, Ă©lever, rĂ©colter, soutirer/tirer du vin; mettre du vin en perce; dĂ©guster, goĂ»ter, sabler, servir, verser du vin; sentir le vin.
♩ Esprit(-)de(-)vin. V. esprit 1re Section II A 2. Lie-(-)de(-)vin. V. lie1 A. Pot-de-vin. Tache de vin. V. tache B 2 a.
♩ Bar/bistrot Ă  vin(s). Bar, bistrot oĂč l'on peut consommer au verre des vins de qualitĂ© et mĂȘme de grands crus. Les bistrots Ă  vin attirent le jour des jeunes dynamiques qui grignotent un jambon de pays en dĂ©gustant un bon bordeaux (20 ans, nov. 1982, p. 94). Un bar Ă  vin de qualitĂ©, oĂč pour 100 Ă  150 F (sauf Ă  s'Ă©garer dans les grands vins...), on peut trouver le bonheur (L'ÉvĂ©nement du Jeudi, 22 nov. 1984, p. 113, col. 2).
♩ BrĂ»ler du vin. Distiller du vin. Les ustensiles nĂ©cessaires Ă  brĂ»ler les vins de l'Angoumois qui fournissent, comme on sait, toutes les eaux-de-vie dites de Cognac (BALZAC, Illus. perdues, 1843, p. 631).
— LITURG. CHRÉT. [L'une des espĂšces de l'Eucharistie, signe sacramentel du sang du Christ] Le changement du pain et du vin dans le corps et le sang du Sauveur (STENDHAL, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 17). Touchant l'un et l'autre le calice de la main gauche, (...) nous nous appuyĂąmes de nouveau sur l'autel pour la consĂ©cration du vin (BILLY, IntroĂŻbo, 1939, p. 151). V. infra b vin de messe.
— Souvent au plur. EspĂšce dĂ©finie de vin. Carte des vins; halle, port aux vins; courtier, nĂ©gociant en vins. Les pressoirs seuls restaient ouverts (...) et d'un bout Ă  l'autre du village une moiteur de raisins pressĂ©s, la chaude exhalaison des vins qui fermentent, se mĂȘlaient Ă  l'odeur des poulaillers et des Ă©tables (FROMENTIN, Dominique, 1863, p. 10). Hartmann recoupait, pour sa clientĂšle anglaise, des vins parfaits sur la base d'Ay qui donne la force, Cramant la mousse, Verzenay le bouquet (HAMP, Champagne, 1909, p. 146).
— P. mĂ©ton.
♩ Être dans le vin/les vins. Faire le commerce des vins. Ce vin est envoyĂ© par un homme d'Épernay mĂȘme, Ă  qui j'en ai bien fait vendre, et Ă  bon prix. (J'Ă©tais dans les vins) (BALZAC, C. Birotteau, 1837, p. 317). Tu es marchand de vins en gros? Mais, mon pauvre garçon, il faut lĂącher ça tout de suite! Tu ne feras rien dans le vin (RENARD, Journal, 1894, p. 206).
♩ [Avec dĂ©term. spĂ©cificateur] Verre de vin. Un autre vin blanc, garçon (SIMENON, Vac. Maigret, 1948, p. 44).
b) [Avec déterm. spécificateur faisant réf.]
) [Ă  l'orig. gĂ©ogr.] Vin amĂ©ricain, bourguignon, californien, français, grec, suisse; vin d'AlgĂ©rie, d'Ay, de Beaune, de Bordeaux, de Bourgogne, de Champagne, de Chypre, d'Espagne, de France, d'Italie, de MadĂšre, de Malaga, de Moselle, de Porto, du Rhin, de Samos, de Santorin, de Vouvray; vin de terroir. Remerciement Ă  d'autres Bourguignons qui m'avaient envoyĂ© du vin des diffĂ©rents crus les plus renommĂ©s (BÉRANGER, Chans., t. 3, 1829, p. 22). La cave [de la Compagnie des Wagons-Lits] offre du vin d'Alsace entre Paris et Strasbourg, du vin de VĂ©rone entre Milan et Venise (DEFERT, Pol. tour. en Fr., 1960, p. 72).
♩ Vin du cru. Vin consommĂ© dans la rĂ©gion oĂč il est produit. V. amusant ex. 12.
) [au sol ou au type gén. de la région de production] Vin de graves (v. grave2), de palus, de sable (v. sable1). Rouge, brun ou clairet, le vin des pierrailles régionales écumait dans les verres (CLADEL, Ompdrailles, 1879, p. 247).
) [au cépage] Vin de grenache, de muscadet, de pineau. Il vint boire du vin de muscat dans notre villa (SARTRE, Mots, 1964, p. 62).
) [au traitement ou Ă  l'Ă©tat de la vendange, Ă  la fabrication ou au traitement du vin]
— Vin de (mĂšre) goutte (v. goutte1), vin de presse, vin de niĂšme cuvĂ©e; vin de rape, vin de sucre (v. sucre1); vin de raisins secs; vin de paille; vin de vendange tardive.
♩ Vin brĂ»lĂ©. Vin issu de raisins soumis Ă  une forte insolation. Ce Hoggar 1880 (...) Ă©tait frais comme un vin du Rhin, sec comme un vin de l'Ermitage. Et puis, soudain, remembrance des vins brĂ»lĂ©s du Portugal, il se faisait sucrĂ©, fruiteux (BENOIT, Atlant., 1919, p. 135).
♩ RĂ©gion. (Suisse). Vin du glacier. ,,Vin blanc dur du Valais, ainsi dĂ©nommĂ© parce qu'aprĂšs la vendange il est conservĂ© dans des agglomĂ©rations situĂ©es Ă  une trĂšs haute altitude`` (LICH. Vins 1984). C'est dans la cave sous le grenier que l'on garde, des annĂ©es et des annĂ©es, le fameux « vin du glacier », rĂ©coltĂ© sur les coteaux de Sierre et qui se bonifie chaque hiver (BRUNHES, GĂ©ogr. hum., 1942, p. 251).
♩ Vin de marc. Vin de qualitĂ© mĂ©diocre, actuellement interdit de fabrication, obtenu « en faisant refermenter du marc frais pressurĂ©, Ă©tendu d'une petite quantitĂ© d'eau sucrĂ©e » (Dict. du vin, Boulogne-sur-Seine, Ă©d. SĂ©zanne, 1988).
— Vin bourru ; vin cuit; vin sur lie (v. lie1), vin de copeau(x); vin muet, mutĂ©, vinĂ©; muter (v. muter1), viner un vin; mutage (dĂ©r. s.v. muter1), vinage d'un vin; vin champagnisĂ© (v. champagniser dĂ©r. s.v. champagne2), rĂ©sinĂ©.
♩ Vin de liqueur. V. liqueur B 2. En partic. Vin ayant un titre alcoomĂ©trique volumique compris entre 15 % et 22 %, obtenu Ă  partir de moĂ»t ou de vin ayant un titre alcoomĂ©trique volumique naturel minimum de 12 %, additionnĂ© d'alcool, pendant ou aprĂšs fermentation (d'apr. Dict. du vin, Boulogne-sur-Seine, Ă©d. SĂ©zanne, 1988).
♩ Vin sans alcool. Vin auquel on fait subir un traitement particulier pour le dĂ©barrasser de l'alcool qu'il contient. Il est surprenant que les « vins sans alcool » n'aient eu aucun succĂšs en France, alors que la « biĂšre sans alcool » est prĂ©sentĂ©e dans les distributeurs automatiques de boissons (Dict. du vinBoulogne-sur-Seine, Ă©d. SĂ©zanne, 1988, p. 207).
— Vin coupĂ©, de coupage ; couper du vin.
— Vin de chaudiĂšre. Vin destinĂ© Ă  ĂȘtre distillĂ© pour donner de l'eau-de-vie. La folle-blanche (...) donne le premier vin de chaudiĂšre du monde (PESQUIDOUX, Un Petit univers, Paris, Plon, 1940, p. 28).
— Vin artificiel, frelatĂ©, sophistiquĂ©; mouiller, mouillage du vin; vin mouillĂ©, trempĂ©. Combien d'autres sortes de vols dans ce genre de commerce, par les vins fabriquĂ©s, droguĂ©s, quoique sans eau! (FOURIER, Nouv. monde industr., 1830, p. 64).
Rem. Pour un autre sens de vin brûlé et de vin trempé, v. infra .
) [Ă  la catĂ©gorie de qualitĂ©] Gros vin; vin courant, fin. Donnez-moi Ă  boire, non pas du vin supĂ©rieur que boivent ces messieurs, — il fait allusion Ă  une bouteille de saint-estĂšphe, — mais du vin ordinaire (GONCOURT, Journal, 1873, p. 939). Les millions d'hommes qui buvaient du faux grand vin seront humiliĂ©s de n'avoir plus sur leur table de bois plaquĂ© que du Mousseux anonyme (HAMP, Champagne, 1909, p. 179).
♩ Petit vin. Vin du terroir, sans prĂ©tention mais agrĂ©able Ă  boire. V. petit I B 2 b ex. de Theuriet.
— DR. COMM. Vin loyal et marchand; vin d'appellation d'origine contrĂŽlĂ©e (A.O.C.).
♩ Vin d'appellation d'origine simple (A.O.S.). [Jusqu'en 1973] Vin appartenant Ă  une catĂ©gorie pour laquelle ne sont envisagĂ©s que l'origine, l'aire de production et les cĂ©pages, conditions nĂ©cessaires mais non suffisantes de qualitĂ© (d'apr. REN. Vin 1962, s.v. appellation d'origine simple).
♩ Vin dĂ©limitĂ© de qualitĂ© supĂ©rieure (V.D.Q.S.). Vin d'appellation d'origine soumis Ă  une rĂ©glementation qui fixe les diffĂ©rentes conditions de sa production, produit dans des rĂ©gions qualitativement moins importantes que celles des A.O.C. (d'apr. La Vigne et le vin, Lyon, La Manufacture, 1988, p. 381).
♩ Vin de qualitĂ© produit dans des rĂ©gions dĂ©terminĂ©es (V.Q.P.R.D.). Vin appartenant Ă  une catĂ©gorie regroupant les A.O.C. et les V.D.Q.S. (d'apr. La Vigne et le vin, Lyon, La Manufacture, 1988, p. 381).
♩ Vin de pays. ,,Vin de table, non assorti d'appellation d'origine, rĂ©pondant Ă  une rĂ©glementation prĂ©cise`` (d'apr. La Vigne et le vin, Lyon, La Manufacture, 1988, p. 381).
♩ Vin de table. ,,Vin de consommation courante, ne bĂ©nĂ©ficiant d'aucune classification particuliĂšre, mais soumis Ă  une rĂ©glementation concernant son titre alcoomĂ©trique (...) et son taux d'aciditĂ©`` (d'apr. La Vigne et le vin, Lyon, La Manufacture, 1988, p. 381).
) [à la qualité appréciée de façon gén.] Mauvais vin; vin détestable, excellent, exquis; vin de la comÚte; vin d'une oreille, de deux oreilles (v. oreille I C 1) ; bonté d'un vin. N'en voulant pas [d'une piquette] pour sa table, C'est bien pourquoi (...) il vend ce vin impotable, Pour s'en acheter du bon (PONCHON, Muse cabaret, 1920, p. 80).
— [Le dĂ©term. dĂ©signe un type humain, pour Ă©voquer une qualitĂ©] Nous avons passablement bu, mais des vins lĂ©gers, des vins de femme, qui (...) ne laissent pas de flamme au front! ExceptĂ© une bouteille de vin du Rhin (...)! Vin d'homme, il ne doit ĂȘtre touchĂ© que par des lĂšvres viriles et ne circuler que dans de mĂąles poitrines (BARB. D'AUREV., Memor. 1, 1837, p. 128). V. arsouillerie dĂ©r. s.v. arsouille ex.
) [au traitement à la consommation] Vin qui porte l'eau; boire du vin pur ou coupé/trempé d'eau; baptiser du vin; vin frappé; frapper un vin (de glace); chambrer du vin.
— Vin chaud, brĂ»lĂ© (vieilli). Vin chauffĂ© additionnĂ© de sucre et souvent de cannelle et d'Ă©pices diverses. [Du Poirier] fit la conquĂȘte de M. de SanrĂ©al (...) en lui demandant du vin brĂ»lĂ©. SanrĂ©al avait inventĂ© une façon nouvelle de faire ce breuvage adorable (STENDHAL, L. Leuwen, t. 2, 1835, p. 204). Le vin chaud bouillait sur un feu de braise, soulevant sur sa houle empourprĂ©e des bouĂ©es de citron et des Ă©paves de cannelle (COLETTE, Mais. Cl., 1922, p. 70). V. cannelle1 ex. de Musset.
Rem. Pour un autre empl. de chaud déterm. vin, v. infra .
) [au moment, à l'occasion ou aux conditions de la fabrication ou de la dégustation] Vin de l'adieu, de l'amitié; vin de cerneaux (v. cerneau) ; vin de l'étrier.
— Vin de cafĂ©. Vin rouge lĂ©ger, obtenu en Ă©courtant la macĂ©ration du moĂ»t. C'est (...) parce que ces vins particuliers sont surtout consommĂ©s dans les cafĂ©s qu'ils portent ce nom, un peu bizarre, de « vins de café » (E. NÈGRE, P. FRANÇOT, Manuel prat. de vinification et de conservation des vins, 1941, p. 225).
— Vin de carafe. Vin rouge rĂ©sultant d'une vinification courte, destinĂ© Ă  ĂȘtre bu jeune, directement tirĂ© autrefois du tonneau dans une carafe au moment d'ĂȘtre bu. Ces fameux « Beaujolais » sont des vins aimables par excellence (...). Vins de carafe, ils doivent ĂȘtre servis Ă  la mĂȘme tempĂ©rature que leur titre alcoolique (Vins, Encyclop. prat. des vins du monde, Paris, Atlas, 1979, p. 90).
— Vin de dessert. Vin liquoreux obtenu par surmaturation des raisins, vin de liqueur ou vin cuit, qui se boit avec les desserts. Les vins de dessert apportùrent leurs parfums et leurs flammes (BALZAC, Peau chagr., 1831, p. 63).
— Vin d'honneur. Vin offert pour honorer quelqu'un; p. mĂ©ton., rĂ©ception organisĂ©e Ă  cette occasion. La colonie française de Constantinople m'a fait un accueil dont j'ai Ă©tĂ© profondĂ©ment touchĂ©, m'offrant un vin d'honneur et puis un dĂ©jeuner (BARRÈS, Cahiers, t. 11, 1914, p. 83).
— Vin de/du/d'un marchĂ© (vieilli). Vin que buvaient les parties contractantes Ă  l'issue d'un marchĂ©. Le premier d'entre eux qui, en buvant le vin d'un marchĂ©, s'avisa de le prononcer [un sobriquet], reçut du vermicellier un coup de poing sur l'Ă©paule (BALZAC, Goriot, 1835, p. 103).
— RELIG. CATH. Vin de messe, de communion, eucharistique. Vin (habituellement vin blanc en Occident, plus souvent vin rouge en Orient) sans aucun additif, constituant l'une des deux espĂšces de l'Eucharistie. La baraque (...) qui servait (...) de chapelle (...) flamba (...) avec (...) cinq ou six bouteilles de vin de messe, que les fidĂšles se reprochĂšrent amĂšrement de n'avoir pas chipĂ©es aux curĂ©s pour les boire (AMBRIÈRE, Gdes vac., 1946, p. 310).
) [aux caractéristiques visuelles]
— [Couleur] Vin blanc, rosĂ©, rouge; vin clairet, cuisse de bergĂšre, dorĂ©, gris (v. gris1), Ɠil-de-perdrix, paillĂ© (v. paillĂ©1), paillet (v. paillet1), pelure d'oignon, roux, tuilĂ© ; vin dĂ©colorĂ©, sombre; vin bleu, jaune. Je me remets Ă  boire ce vin de Puzzoles, Ă©pais et noir comme de l'encre d'imprimerie (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 167).
— [DĂ©gagement de gaz carbonique] Vin effervescent, mousseux (v. mousseux2), vin perlant (rem. 1 s.v. perlĂ©), vin perlĂ©, pĂ©tillant; vin qui mousse, pĂ©tille.
♩ Vin tranquille. Vin qui ne prĂ©sente aucun dĂ©gagement de gaz. Dom PĂ©rignon et ses contemporains mirent Ă  profit le rĂ©veil de la fermentation des vins tranquilles, au mois de mars, pour produire un vin mousseux (J.-P. DEVROEY, L'Éclair d'un bonheur, 1989, p. 110).
— [Brillance, limpiditĂ©, fluiditĂ©] Vin brillant, clair, flou, louche, voilĂ©; vin fluide; dĂ©canter un vin. Un petit vin blanc limpide comme eau de roche (BRILLAT-SAV., Physiol. goĂ»t, 1825, p. 355). Il reste un peu de vin au fond des quarts, un vin blond, un peu trouble, qui poisse les doigts (DORGELÈS, Croix de bois, 1919, p. 240).
) [aux caractéristiques olfactives] ArÎme, bouquet (v. bouquet2), nez, sÚve d'un vin; vin bouqueté; vin qui a une odeur d'abricot, de noisette, de pierre à fusil, de truffe. Des vins qui ont du corps, du spiritueux et une légÚre odeur de violette qui les rend agréables (A. JULLIEN, Topogr. de tous les vignobles connus, Paris, A. Jullien, 1832, p. 160).
— [Persistance de l'arĂŽme] Vin court/long (en bouche). Vin qui a une persistance aromatique faible/intense, aprĂšs absorption. Un vin qui a un bon nez mais vite dissipĂ©, un vin plaisant un peu court en bouche (Le Nouvel Observateur, 24 oct. 1977, p. 89, col. 2).
) [aux caractéristiques gustatives] Vin franc (de goût) V. franc3; vin fruité.
— [Rapport entre les composantes] Vin corsĂ©, dĂ©licat, Ă©quilibrĂ©, harmonieux, lourd, robuste, rond (v. rond1), solide, souple; corps d'un vin. Des fĂ»ts Ă©normes renfermant le vin martial de l'Espagne, le xĂ©rĂšs et ses dĂ©rivĂ©s (HUYSMANS, À rebours, 1884, p. 175). C'est vers des vins lĂ©gers, tendres, fruitĂ©s et relativement jeunes, qu'il convient de se diriger (LEVADOUX, Vigne, 1961, p. 119).
— [Consistance] Vin coulant, gras, onctueux; vin qui a de la mñche (rem. s.v. mñcher1). V. supra ex. de Cendrars.
— [AciditĂ©, astringence] Vin acerbe, acide, Ăącre, amer, Ăąpre, austĂšre, frais (v. frais1), piquant, plat (v. plat1), rĂąpeux, rude, styptique, vert, vif; vin Ă  faire danser les chĂšvres (v. chĂšvre). V. reginglard ex. de Ponchon.
— [Sucre] Vin brut, doux, liquoreux, moelleux, sec, soyeux, veloutĂ©. M. de Gimblet, incapable de relever (...) les cuvĂ©es pauvres par un trĂ©sor de grands crus (...), ne livrait Ă  ses meilleurs clients (...) que des vins de l'annĂ©e, sans velours (HAMP, Champagne, 1909, p. 163).
— [Alcool] Vin chaud, faible, fort (v. fort1), gĂ©nĂ©reux, spiritueux, vineux ; force d'un vin. C'est un filon de la Champagne voisine qui, sur ce coteau exposĂ© au midi, produit des vins rouges et blancs qui ont encore assez de feu (NERVAL, Filles feu, AngĂ©lique, 1854, p. 585). Elle avait sorti de l'armoire deux verres (...) et un flacon de vin des Cinq-Terres. Nous tenons ce breuvage d'un vague cousin qui a sĂ©journĂ© en Italie. (...) ce verre de vin puissant me fut un dĂ©lice (DUHAMEL, Confess. min., 1920, p. 52).
♩ [Effets secondaires d'un fort degrĂ© d'alcool] Vin capiteux, fumeux; fumĂ©es d'un vin; vin qui monte, porte Ă  la tĂȘte.
— [AgrĂ©ment gustatif] Vin gouleyant, qui se laisse boire. Le vin ne paraissait absolument pas rachitique. FruitĂ©, friand, trĂšs dĂ©saltĂ©rant, c'Ă©tait un vrai vin (R. du vin de France, mai 1989, p. 10).
) [à l'évolution et à la durée] Vin de garde, de primeur; vin jeune, nouveau, vieux, qui se fait, qui vieillit; vin mûr; vin qui se bonifie, se rabonnit, dépose, se dépouille (v. dépouiller). Gourmets qui peuvent indiquer la latitude sous laquelle un vin a mûri (BRILLAT-SAV., Physiol. goût, 1825, p. 50). V. supra ex. de Levadoux.
) [à une altération et à des maladies] Vin acescent, aigre, gras, madérisé (v. madériser), mannité (dér. s.v. mannite), vin piqué, pourri, taché, tourné, visqueux ; vin qui s'aigrit, graisse (v. graisser), jaunit, se pique (v. piquer), tourne (à l'aigre, à la graisse) ; vin qui sent le bouchon, le fût; vin qui a un goût d'évent; casse (v. casse1), graisse, pousse (v. pousse1), tourne du vin. Enjouée jadis (...), elle était, en vieillissant, devenue (à la façon du vin éventé qui se tourne en vinaigre) d'humeur difficile (FLAUB., Mme Bovary, t. 1, 1857, p. 5). Si l'on vendange mûr, le vin tourne au gras sitÎt le printemps (HUGO, Misér., t. 1, 1862, p. 454).
c) Loc. et expr.
— À bon vin point d'enseigne (ou var.). Ce qui est de qualitĂ© n'a pas besoin d'ĂȘtre vantĂ©. Je vous engage de toutes mes forces Ă  supprimer le: par les principaux Ă©crivains de France. On ne se dit pas ces choses-lĂ  Ă  soi-mĂȘme. Laissez-le dire au public. Mettez simplement:Paris-Guide et rien avec. À bon vin point d'Ă©criteau (HUGO, Corresp., 1867, p. 35).
— (Quand) le vin est tirĂ©, il faut le boire. V. boire1 I A 2 d.
— Mettre de l'eau dans son vin. V. eau I B 2 a.
— Porter le vin. V. porter1 1re Section I A 1 a . Tenir le vin. V. tenir 1re Section I A 4 d.
— Le (bon) vin rĂ©jouit le cƓur de l'homme. V. cƓur II D 1.
— Avoir le vin + adj. Ă©voquant un Ă©tat affectif ou un type de comportement. Manifester cet Ă©tat ou ce comportement aprĂšs avoir bu une certaine quantitĂ© de vin. Avoir le vin gai, triste. VoilĂ  tes soupçons qui te reprennent, mon bon ami Maffio. Tu as le vin Ă©trangement monotone (HUGO, L. Borgia, 1833, III, 1, p. 148). Écoute, Dominique, t'as eu une mauvaise vie. Tu picolais et t'avais le vin mauvais (BARBUSSE, Feu, 1916, p. 317).
— [Loc. Ă©voquant l'ivrognerie ou l'ivresse]
♩ (Être) pris de vin(s). (Être) ivre. Les maçons pris De vins chantent la Marseillaise (VERLAINE, ƒuvres compl., t. 3, Invect., 1896, p. 355).
♩ (Être) dans le vin (vieilli). (Être) ivre. Quand il Ă©tait dans le vin, il voulait tout tuer (SUE, Myst. Paris, t. 5, 1843, p. 176).
♩ (Être, flotter) entre deux vins. (Être) lĂ©gĂšrement ivre. M. Courbet montre un jour des curĂ©s de campagne entre deux vins, un autre jour des courtisanes entre deux airs (VEUILLOT, Odeurs de Paris, 1866, p. 194). J'Ă©tais toujours entre deux vins et me mettais facilement en colĂšre (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 198).
♩ Pointe de vin. V. pointe I D 3. Sac à vin. V. sac1 I C 1. Cuver son vin. V. cuver A 2.
d) P. métaph. [Suivi d'un subst. avec art. déf. introd. par de] C'est un plaisir perfide Que d'enivrer son ùme avec le vin des sens (MUSSET, Namouna, 1832, p. 406):
‱ 2. ... heureux de trouver ces raisons de la supĂ©rioritĂ© de la Berma, tout en me doutant qu'elles ne l'expliquaient pas plus que celle de la Joconde ou du PersĂ©e de Benvenuto, l'exclamation d'un paysan: « C'est bien fait tout de mĂȘme! c'est tout en or, et du beau! quel travail! », je partageai avec ivresse le vin grossier de cet enthousiasme populaire.
PROUST, J. filles en fleurs, 1918, p. 451.
2. [Avec déterm.] Boisson à base de vin contenant des substances étrangÚres au vin.
a) [Préparation culinaire]
) Vin dans lequel ont Ă©tĂ© mises Ă  infuser des plantes aromatiques ou des Ă©pices, trĂšs en vogue au Moyen Âge. Et les mĂȘmes Ă©pices entrent en partie dans la composition de mĂ©langes dont le vin fait le fond: les « vins herbĂ©s » (...), les « piments », oĂč des plantes aromatiques, du miel et des Ă©pices ont Ă©tĂ© mis Ă  infuser, Ă  chaud ou Ă  froid (FARAL, Vie temps st Louis, 1942, p. 176). Les vins aromatisĂ©s entrent dans la classification des apĂ©ritifs Ă  base de vin (M. HUET, V. LAUZERAL, Dict. des vins et alcools, Paris, Hervas, 1990, s.v. vin aromatisĂ©).
) [Avec un compl. prép. de désignant un fruit] Boisson apéritive faite à base de vin, généralement rouge, dans lequel on a fait macérer des fruits. Vin d'orange(s). La Julia dit: « Ramasse-m'en des vertes; je te fais du vin de noix » (GIONO, Gd troupeau, 1931, p. 59).
b) [Préparation médicinale] Vin contenant des agents médicamenteux. Vin médicinal; vin antiscorbutique, diurétique, fébrifuge, tonique; vin d'absinthe, d'aunée, de coca, de gentiane, de rhubarbe. Je suis un peu mieux, mais la fiÚvre va revenir ce soir, je la sens. On me met les pieds dans l'eau et on me donne du vin de quinquina (CHATEAUBR., Corresp., t. 2, 1821, p. 271).
B. — P. anal. Boisson alcoolisĂ©e rĂ©sultant de la fermentation du suc d'un vĂ©gĂ©tal ou du jus d'un fruit autre que le raisin, ou de ce vĂ©gĂ©tal ou ce fruit macĂ©rĂ© dans l'eau. Vin de banane(s), de fruit(s), de pĂȘche(s), de (fleurs de) pissenlit, de riz. Il nous fit boire quelques verres d'un vin de groseilles qui avoit cinq ans, vin que l'on trouve plus communĂ©ment parmi les bons colons de la Pensylvanie que dans les autres États (CRÈVECƒUR, Voyage, t. 2, 1801, p. 68). Les Égyptiens fabriquaient Ă  PĂ©luse, sur les bords du Nil, une biĂšre appelĂ©e boisson pĂ©lusienne, vin d'orge ou encore zythum (Industr. fr. brass., 1955, p. 17).
♩ Vin de palmier, de palme(s). Boisson fermentĂ©e provenant du suc de palmier rĂ©coltĂ© aprĂšs incision du tronc de cet arbre. Des oasis misĂ©rables oĂč les gens du Nefzaoua boivent le vin de palmier (DUHAMEL, Suzanne, 1941, p. 181).
♩ Arbre Ă  vin. Palmier dont on rĂ©colte le suc pour en faire une boisson fermentĂ©e. Les dattiers (...) commencĂšrent par ne plus donner de fruits, alors on leur coupa la tĂȘte pour en faire des arbres Ă  vin, — ce vin de palme un peu fade, qui n'est pas sans agrĂ©ment (THARAUD, FĂȘte arabe, 1912, p. 245).
II. — ALCHIM. Vin des philosophes, des sages. Mercure. Quant aux vaisseaux destinĂ©s Ă  contenir le vin des philosophes, ou mercure, ils sont assez parlants pour nous dispenser d'en mettre en relief le sens Ă©sotĂ©rique (FULCANELLI, Demeures philosophales, t. 1, 1929, p. 220).
REM. 1. Vinerie, subst. fĂ©m. Installation de vinification, souvent Ă  caractĂšre industriel. Dans les dĂ©partements du Midi, grands producteurs (...), et en AlgĂ©rie, la vinification ne peut se pratiquer autrement qu'en grand (vineries et caves coopĂ©ratives) (BRUNERIE, Industr. alim., 1949, p. 76). 2. Viniphile, vinophile, adj. Qui aime le vin; de l'amateur de vin. Club vinophile de conseil (Le Monde loisirs, 17 mai 1986, p. 21, col. 1). 3. VinothĂšque, subst. fĂ©m. a) Cave Ă  vin. Dans tous les cas, les (bons) professionnels du vin n'hĂ©siteront pas Ă  vous conseiller utilement dans l'installation d'une vinothĂšque sĂ©rieuse (L'Est RĂ©publicain, 20 fĂ©vr. 1981, p. 24). En partic. ,,Meuble Ă©quipĂ© pour conserver dans les meilleures conditions une collection de vins sĂ©lectionnĂ©s en bouteilles`` (Dict. du vin, op. cit., p. 207). b) Espace commercial oĂč les vins sont exposĂ©s et vendus. [La baisse de la consommation de vin] s'explique aussi par l'Ă©volution de la demande dont tĂ©moigne l'apparition, ici et lĂ , d'Ă©lĂ©gantes vinothĂšques oĂč l'on sĂ©lectionne son vin comme on choisit un livre dans une librairie (Les Vins de France, Paris, Hachette, 1989, p. 20).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Fin Xe s. « boisson alcoolisĂ©e provenant de la fermentation de raisin ou de jus de raisin » (Passion, Ă©d. D'Arco Silvio Avalle, 93); b) 1409 mettre tant d'eaue au vin de qqn que « rĂ©duire les ambitions agressives de quelqu'un Ă  un point tel que » (PIERRE SALMON, [Le Fruictier], Demandes faictes par le roi Charles VI, Ă©d. Crapelet, 56); 1443 mettre de l'eaue en son vin « modĂ©rer ses ambitions agressives » (MICHAULT TAILLEVENT, La Prise de Luxembourg, Ă©d. R. Deschaux, 294); 1464-70 mettre de l'eaue en son vin « dominer sa colĂšre, s'apaiser » (GEORGES CHASTELLAIN, Chronique, Fragments du livre IV rĂ©vĂ©lĂ©s par l'Add. Ms. 54516 de la British Library, Ă©d. J. Cl. Delclos, 232), cf. R. Ling. rom. t. 55, p. 283; 1606 (NICOT, s.v. Eaue: mettre de l'eaue au vin: arrester sa furie et impetuositĂ©); 1648 mettre de l'eaue dedans son vin « id. » (SCARRON, Virgile travesty, l. 1, Ă©d. Paris, 1668, p. 46); c) 1697 Oh! le vin est tirĂ©, Monsieur: il le faut boire (REGNARD, Le Joueur, III, IX, Ă©d. Dunkley, p. 165); 1869 Quand le vin est tirĂ©, il faut le boire (A. DAUDET, Lettres moulin, Ă©d. Ripoll, 1986, p. 306); 2. dĂ©b. XIVe s. vin douz (Antidotaire Nicolas, Ă©d. P. Dorveaux, p. 18); 1372 vins nouveaulx (E. DESCHAMPS, C'est la Chartre des bons enfants de Vertus en Champaigne ds ƒuvres, Ă©d. G. Raynaud, t. 7, p. 327); fin XIVe s. vin blanc du plus vert « vin jeune, fort » (ID., Rondeau ds ƒuvres, Ă©d. Queux de St Hilaire, t. 4, p. 106); ca 1495-98 vins cuitz (ANDRÉ DE LA VIGNE, Voyage de Naples, Ă©d. A. Slerca, 4477); 1511 vins vieulx (P. GRINGORE, Jeu du prince des sotz et mere sotte ds ƒuvres, Ă©d. Ch. d'HĂ©ricault et A. de Montaiglon, t. 1, p. 275); 1600 vins... de la mere-goutte (Ol. DE SERRES, ThĂ©Ăątre d'Agriculture, l. 3, chap. 9, p. 219); 1606 petit vin (NICOT); 1660 vin petillant (OUDIN Fr.-Esp., s.v. pĂ©tillant); 1671 vin du paĂŻs (POMEY); 1674 vin de liqueur (Mme DE SÉVIGNÉ, Lettres, 5 janv., Ă©d. G. Gailly, t. 1, p. 668); 1686 vin de Champagne (M. BARON, Le Rendez-vous des Thuilleries, 178 ds R. Ling. rom. t. 36, p. 226); 1694 vin coupĂ© (Ac.); 1825 vin de paille (BRILLAT-SAV., Physiol. goĂ»t, p. 378); 1839 vin jaune (Comm. t. 2); 1841 vins bleus (JOIGNEAUX, Prisons Paris, p. 216); 1844 vin bouchĂ© (BALZAC, Paysans, p. 61); 1873 vin de pĂȘche (DUMAS); 3. 1462 « boisson symbole de l'ivresse, de l'ivrognerie » (VILLON, Testament, Ă©d. J. Rychner et A. Henry, 1021); 1546 « Ă©tat d'ivresse » (Bible GĂ©rard, Eccles., 19, f° 39 v°); 1611 estre sur le vin « aimer Ă  boire » (COTGR.); 1621 ĂȘtre pris de vin (MONTCHRESTIEN, Les LacĂšnes, Ă©d. Petit de Julleville, p. 181); 1623 estre sujet au vin (N. COEFFETEAU, Histoire romaine, p. 552); 1623 estre entre deux vins (PĂšre F. GARASSE, La Doctrine curieuse, p. 561); 1690 avoir mauvais vin (FUR.); 1718 avoir le vin mauvais (Ac.); 4. 1659 vin d'honneur, vin de messe (DUEZ, Dict. italien e françois, 2e part.); 1671 vin de l'Ă©trier (POMEY); 5. 1389 « prĂ©paration mĂ©dicinale dans laquelle le vin sert d'excipient » (Doctrine de sapience, fol. 40 ds LA CURNE); 1600 vins medecinaux (Ol. DE SERRES, op. cit., l. 3, chap. 10, p. 225); 6. 1317 vin de pommes (ap. LOUVREX, Ed. et rĂšglem. pour le pays de LiĂšge, III, 180 ds GDF. Compl.); ca 1440 vin de prunelles (Miracles de Ste GeneviĂšve, Ă©d. C. Sennewaldt, 2360); 1562 vin de dattes (DU PINET, Pline, t. 2, p. 234); 1690 vin de palme (FUR.); 7. 1395 « vin donnĂ© en cadeau ou en pourboire » (L'Estoire de Griseldis, Ă©d. M. Roques, 1293); 1549 vin des varlets (EST.); 1812 vin du domestique (J. C. BAILLEUL, Moyens de former un bon domestique, p. 111 ds QUEM. DDL t. 25). Du lat. vinum « liqueur tirĂ©e d'autres fruits que le raisin », « vin ». FrĂ©q. abs. littĂ©r.:8 183. FrĂ©q. rel. littĂ©r.:XIXe s.: a) 10 729, b) 15 686; XXe s.: a) 13 697, b) 9 006.
DÉR. Vinique, adj. a) Qui a rapport au vin. Tradition vinique. CĂ©pages capables de donner satisfaction tant par leurs qualitĂ©s culturales que par leurs qualitĂ©s viniques (LEVADOUX, Vigne, 1961, p. 119). b) Propre au vin, dĂ©rivĂ© du vin. Acides viniques. Cette distillation [des lies de vin] permet de rĂ©cupĂ©rer l'alcool qui sert aux viticulteurs pour satisfaire aux prestations d'alcool vinique (P. DUSSINE, Comment faire de bons vins, 1976, p. 388). — [vinik]. — 1re attest. 1872 chim. acides viniques (LITTRÉ), 1876 « qui provient du vin » (Lar. 19e); de vin, suff. -ique.
BBG. — BONNAUD-LAMOTTE (D.). Vin, vigne et vigneron ds le T.L.F. C.U.M.F.I.D. 1983, n° 14, pp. 119-135. — QUEM. DDL t. 8, 13, 19, 20, 30, 40.

vin [vɛ̃] n. m.
ÉTYM. Xe (980, Passion du Christ); du lat. vinum.
❖
1 Boisson alcoolisĂ©e provenant de la fermentation de raisin ou de jus de raisin (⇒ MoĂ»t) frais. ⇒ fam. Picolo, picrate, pinard, pive; prĂ©f. Ɠno-, vini- (→ vx ou plais. Jus de la treille, jus de la vigne, liqueur bachique, de Bacchus, purĂ©e septembrale — Rabelais). || Fabrication, production du vin (⇒ Vinaire, vinicole) : rĂ©colte du raisin (⇒ Vendange, vendanger), foulage, Ă©grappage, pressurage (⇒ Presse, presser), traitements des moĂ»ts — plĂątrage (⇒ PlĂątrer), sucrage (⇒ Chaptalisation), mutage, soufrage, tanisage (⇒ Muter, soufrer, taniser), pasteurisation
 — fermentation (⇒ Cuvage, cit. 1; cuve, cuvĂ©e), dĂ©cuvage.
♩ ☑ Loc. Vin de copeaux. — Vx. || Clarification des vins (⇒ Éclaircir) par dĂ©pĂŽt dans les fĂ»ts, par collage (⇒ Coller, cit. 1), filtration, chauffage. || Clarification au soutirage. ⇒ Élier, soutirer. || Fermentation du vin en cellier (cuverie). — RĂ©cipients dans lesquels se font la clarification, le vieillissement, le transport du vin. ⇒ FĂ»t, futaille (cit. 1 et 2), tonne (cit. 2), tonneau; bordelaise, 1. feuillette (cit. 1), muid (cit.), quartaut. || PiĂšce (II., C., 2.) de vin. || Mettre le vin en fĂ»ts (⇒ EnfĂ»ter, 1. entonner), en cave (⇒ Encaver), en chais. || Vin en cercles. || Transport du vin en foudres, en wagons-citernes. || CongĂ© pour le transport du vin. || Avalage des piĂšces de vin. — Soutirer, tirer le vin. — ☑ Prov. Quand le vin est tirĂ©, il faut le boire (1. Boire, cit. 43). || Vin en perce ⇒ aussi Baquetures, seillon. || Reste de vin au fond d'un fĂ»t. ⇒ BaissiĂšre. || Mise en bouteilles du vin. || Vin cachetĂ©. — Élevage du vin : prĂ©vention et traitement des maladies, surveillance du vieillissement, etc.
♩ Éleveur, propriĂ©taire-Ă©leveur de vins. || Vin qui se fait, se bonifie, se rabonnit, travaille. || Vin qui dĂ©pose (⇒ DĂ©pĂŽt), se clarifie, se dĂ©pouille (cit. 26). || Laisser reposer le vin. — Vin poissĂ© (→ Nectar, cit. 1), rĂ©sinĂ© (→ RĂ©sine, cit.). — Vin qui ne se conserve pas, qui tourne. — Maladies du vin : acescence (due Ă  des bactĂ©ries), amertume, casse, graisse. ⇒ Graisser (II.), 1. pousse (B., 2.), tourne. || Vin aigre, besaigre (vx), amer, mannitĂ©, piquĂ©, tournĂ©. ⇒ Fleur (II.). || GoĂ»ter le vin.
♩ Composition chimique du vin : eau (80-90%), alcool Ă©thylique (8-18%), acides tartrique, malique, lactique
; protides, potassium, phosphates, calcium, magnĂ©sium; anthocyanes et tanins (vins rouges), etc. (plus de 150 substances). || Transformation du jus ou moĂ»t en vin par fermentation, sous l'action de levures. — Pays, rĂ©gion de vin, du vin, de vigne, de viticulture. || Les civilisations du vin. || Aimer le vin.
1 De Reims à la Moselle commence la vraie vigne et le vin; tout esprit en Champagne, bon et chaud en Bourgogne, il se charge, s'alourdit en Languedoc pour se réveiller à Bordeaux.
Michelet, Hist. de France, III.
2 Un soir, l'ñme du vin chantait dans les bouteilles (
)
Baudelaire, les Fleurs du mal, « Le vin », CIV.
♩ (QualifiĂ© ou prĂ©cĂ©dĂ© d'un dĂ©monstratif). || Un vin (et adj. ou compl. de n.), des vins.
3 — Et ce vin, goĂ»tez-moi ce vin ! LĂ©ger mais vif ! Une annĂ©e merveilleuse ! Et vingt ans de bouteille ! Et pas cassé ! Intact ! Ça c'est du vin ! (
)
H. Bosco, Un rameau de la nuit, p. 129.
4 Félicien aurait été le plus heureux des vignerons s'il n'avait eu pour le vin une aversion qui paraissait insurmontable (
) Vainement avait-il tùté de tous les crus (
) Ayant fait le tour des bourgognes, des bordeaux, des vins de Loire et du RhÎne, des champagnes, des vins d'Alsace, des vins de paille, des rouges, des blancs, des rosés, des clairets, des algériens et des piquettes, il n'avait négligé ni les vins du Rhin, ni les tokays, ni les vins d'Espagne, d'Italie, de Chypre et du Portugal.
M. Aymé, le Vin de Paris, p. 101.
♩ (QualifiĂ© selon l'origine, la qualitĂ©). a Cour. || Vin ordinaire, courant (de nos jours, vin de coupage ou, dans les rĂ©gions vinicoles, vin sans qualification spĂ©ciale). || Vins de table, de consommation courante. || Bon vin. || Vins fins. || Grand vin, provenant d'un cru cĂ©lĂšbre. || Un vin excellent. || Ce vin est meilleur, moins bon que celui que nous avons bu hier. — (1798). || Vin de pays, vin du cru, provenant d'un terroir non dĂ©limitĂ©. || Vin qui sent son terroir, ne dĂ©ment (cit. 8) pas son terroir. || Vin de propriĂ©taire. || Vin de palus, de sable. — Gros vin : vin courant assez fort et mĂ©diocre (→ Gros bleu, gros rouge qui tache). || Mauvais vin. ⇒ Picrate, vinasse. || Vin remontĂ©, colorĂ©, recoupĂ©. — Petit vin : vin du terroir, naturel. || Un petit vin aigrelet. ⇒ Criquet, ginguet, piquette, reginglard. — Vins de cru, dĂ©finis par un terroir (2.) et ses cĂ©pages dĂ©terminĂ©s. ⇒ 1. Cru.
b Dr., comm. (en France). Loc. || Vins d'appellation d'origine contrĂŽlĂ©e (A. O. C.), supposant une aire dĂ©limitĂ©e de production, un encĂ©pagement prĂ©cisĂ©, des teneurs minimales en sucre (moĂ»t) et en alcool (vin), un rendement maximal Ă  l'hectare, des mĂ©thodes de taille de la vigne, de culture et de vinification conformes aux « usages locaux, loyaux et constants » (il en existe plus de 250 en France, comprenant tous les grands crus). — Vins d'appellation d'origine simple ( A. O. S.), supprimĂ©s en 1973. || Vins dĂ©limitĂ©s de qualitĂ© supĂ©rieure (V. D. Q. S.), produits par des terroirs bien dĂ©finis et rĂ©pondant Ă  des rĂšgles prĂ©cises de culture et de vinification. — Vins de qualitĂ© produits dans des rĂ©gions dĂ©terminĂ©es (V. Q. P. R. D.) : vins produits dans les pays du MarchĂ© commun et rĂ©pondant Ă  des critĂšres analogues. — Vins de pays (dĂ©finis en 1968, puis en 1973) : vins de table personnalisĂ©s, sans coupages, rĂ©pondant Ă  des critĂšres qualitatifs d'encĂ©pagement (cĂ©pages recommandĂ©s), d'aire de production, de degrĂ© alcoolique (modulĂ© selon les rĂ©gions), de rendement (moins de 100 hl Ă  l'hectare), de vinification (il en existe plus de 80 en France). — Vins de table, soit « admis au bĂ©nĂ©fice d'une indication gĂ©ographique » (vins de pays, pour la France), soit non admis (pouvant ĂȘtre issus de coupages : le coupage des vins de table entre eux est admis pour la CommunautĂ© europĂ©enne).
c (Selon l'origine géographique).
REM. 1. appellation des vins. Les vins de qualitĂ© sont dĂ©signĂ©s par une appellation d'origine; celle-ci, en France, peut correspondre Ă  une rĂ©gion (Bordeaux, Bourgogne, Champagne), Ă  une commune (Gevrey-Chambertin, Saint-EstĂšphe
), Ă  un « climat » (en Bourgogne; → ci-dessous rem. 3.), Ă  un chĂąteau (dans le Bordelais). Une autre appellation est celle des cĂ©pages (Sylvaner, Pinot noir
). Enfin les appellatifs commerciaux (marques, noms de personnes) ne sont pas mentionnĂ©s ici. Linguistiquement, un nom de vin correspond Ă  une frĂ©quence d'usage : on a dit vin de Bourgogne, vin de Champagne, avant de dire : un Bourgogne, un Champagne. — Les noms des vins citĂ©s ci-dessous constituent des appellations plus ou moins lexicalisĂ©es, notamment les vins français, italiens, et les vins de liqueur espagnols et portugais; quelques vins allemands, suisses et du Maghreb sont aussi connus par leurs noms, en français.
2. Le syntagme vin français, normal et courant en français hors de France — par ex. au QuĂ©bec —, n'est pas employĂ© en France, sauf en matiĂšre de commerce international.
âžȘ tableau Classification des vins.
d (QualifiĂ© selon la fabrication, l'Ă©tat, l'Ăąge). || Vin de goutte, de mĂšre goutte, provenant du liquide obtenu par Ă©gouttage, aprĂšs foulage. || Vin de presse (→ Pressoir, cit. 2). || Vins de premiĂšre cuvĂ©e, de seconde cuvĂ©e. — Vin nouveau, consommĂ© dĂšs la fin de la fermentation. || Vin primeur. || Vin jeune, trop jeune. — Vx. || Vin en boite (de boire), en Ă©tat d'ĂȘtre bu.
♩ (1560, ParĂ©; vin vieil). || Vin vieux (→ Cordial, cit. 1). || Du vin de derriĂšre les fagots (cit. 2). || Vins fins (→ Table, cit. 6). — Vin rouge, dont la couleur vient de la pellicule des raisins noirs. ⇒ Rouge (n. m.); argot rouquin. — Vin blanc (cit. 9), de raisins blancs (blanc de blanc); de raisins noirs sans leurs pellicules. ⇒ Blanc (n. m.). — Vins tachĂ©s : vins blancs faits avec des raisins noirs (vins gris [cit. 16] ou rosĂ©s, parfois dĂ©colorĂ©s en vins blancs). || Vins rosĂ©s. ⇒ RosĂ©. || Vins jaunes, vins de paille, paillĂ©s (⇒ 1. Paillet), pelure d'oignon. || Vin vert (port. vinho verde) : vin du Portugal obtenu Ă  partir du raisin de treille. — REM. L'expression ayant d'autres sens en français, on emploie souvent la forme portugaise vinho verde [viÉČɔveʀde]. — GoĂ»t du vin; vin bouquetĂ© (⇒ Bouquet, fumet), vin fruitĂ©, qui a de l'arĂŽme, du corps, de la force. ⇒ Montant, sĂšve. || Vin verdelet, vert, par excĂšs de jeunesse. ⇒ Verdeur. || Vin capiteux, fort, fumeux (vieilli), gĂ©nĂ©reux, veloutĂ© (vieilli); vin clairet (cit.), coulant, lĂ©ger, moelleux (souplesse). || Vin sec, vin qui a un goĂ»t de pierre Ă  fusil (trĂšs sec). || Vin doux, vin sucrĂ© (→ Mets, cit. 1). — Vin clair, transparent, couleur d'ambre (cit. 4 et 5), pourprĂ© (cit. 1); vin louche, trouble, qui dĂ©pose. ⇒ Tartre. — Vins falsifiĂ©s (cit. 1), frelatĂ©s (cit. 2), mĂ©langĂ©s. ⇒ RipopĂ©e (vx). || Vin baptisĂ©, brouillĂ©, coupĂ©, trempĂ©. — Lie de vin. ⇒ Lie.
♩ Vin de café : vin rouge lĂ©ger obtenu par vinification courte (moins de 24 heures; syn. : vin d'une nuit), notamment pour les CĂŽtes-du-RhĂŽne et les vins du Languedoc.
♩ Vin de cerneaux. ⇒ Cerneau (2.).
♩ DĂ©fauts du vin. || Vin Ăąpre, rĂąpeux. || Vin plat, grossier (cit. 2). — Vin Ă©ventĂ©. ⇒ Évent (→ Humeur, cit. 12). || Vin qui sent le bouchon. ⇒ BouchonnĂ©. || Vin qui sent le fĂ»t.
REM. 1. Vin se dit parfois du jus de raisin non fermentĂ© (moĂ»t) ou au dĂ©but de sa fermentation, lorsqu'on le boit dans cet Ă©tat. Vin vert, vin nouveau, vin doux (vx). → Tocane (vx). Vin bourru.
2. Dans le langage courant on n'emploie guĂšre vin absolument pour dĂ©signer les vins mousseux (→ Mousseux; champagne), ni les vins de liqueur (dĂ©signĂ©s par leur nom, appelĂ©s apĂ©ritifs, etc.).
♩ Vin mousseux, naturel (mis en bouteille avant la fin de la fermentation) ou prĂ©parĂ© par champagnisation. || L'Asti, le champagne, la clairette sont des vins mousseux. — Vin pĂ©tillant, qui a subi une lĂ©gĂšre fermentation secondaire.
♩ Vins doux naturels et vins de liqueur : vins trĂšs chargĂ©s en sucre (muscat, grenache, malvoisie, maccabeu), auxquels on ajoute de l'alcool de raisin en cours de fermentation (ex. : alicante, amontillado, banyuls, frontignan, grenache, malaga, malvoisie, muscat, picardant, porto, rancio, tokay, xĂ©rĂšs).
♩ Vin de liqueur, vin liquoreux, se dit de vins trĂšs alcoolisĂ©s (jusqu'Ă  23°), parfois chauffĂ©s — vin cuit (cit. 16) — ou concentrĂ©s. ⇒ Mistelle (ex. : Pineau des Charentes).
♩ Vins aromatisĂ©s (Ă©dulcorĂ©s, parfumĂ©s, colorĂ©s, etc.), utilisĂ©s comme apĂ©ritifs. ⇒ Vermouth; bischof, hypocras. || Vin au quinquina. || Vin de coca, de gentiane (vins mĂ©dicinaux). — Vin d'orange : vin rouge dans lequel on fait macĂ©rer des oranges. ⇒ Sangria. || Eaux-de-vie de vin : cognac, armagnac, marcs. ⇒ aussi Brandevin, esprit-de-vin.
♩ Commerce du vin. || NĂ©gociant en vins. ⇒ Pinardier (fam.). — Marchand (cit. 6) de vins faisant dĂ©bit de boissons. ⇒ fam. Bistrot, mastroquet, troquet. || Halle aux vins. || EntrepĂŽt de vin. — ☑ Prov. À bon vin point de bouchon (2.), Ă  bon vin point d'enseigne.
♩ Bouteille; fiasque (cit. 1), quille (1. Quille, cit. 2), topette (cit. 1) de vin. || Carafe, pichet, pot de vin. — Fig. ⇒ Pot-de-vin. — Quart de vin; litre de vin. ⇒ 2. Litre (cit. 3); litron. || Canon, fillette de vin. ⇒ 3. Canon, 2. fillette. — La loi de Mahomet dĂ©fend de boire du vin (→ Arabe, cit. 1). || Boire du vin en mangeant. ⇒ Arroser. || DĂ©guster, lamper, siroter (cit. 1) son vin. || Vider un verre de vin (→ Faire rubis sur l'ongle). || Boire du vin pur. || Mettre du vin dans de l'eau. ⇒ Rougir (cit. 5). || Offrir un verre de vin Ă  un ami (→ Vexer, cit. 3). — ☑ Loc. (DĂ©b. XVIIe, au fig.). Mettre de l'eau dans son vin : au fig. se radoucir. || Un doigt, une goutte de vin. — Le vin rĂ©chauffe le cƓur. — ☑ Loc. prov. Le bon vin rĂ©jouit le cƓur de l'homme (lat. Bonum vinum lĂŠtificat cor hominis). — Assortir les vins aux mets. || Vin qui va avec tel plat. || Vin de dessert, d'entremets. || Mettre du vin Ă  rafraĂźchir (cit. 1). || Chambrer le vin rouge. || Frapper (cit. 12), sabler (cit. 3) le vin blanc. — Personne chargĂ©e du service des vins. ⇒ Échanson, sommelier.
♩ Au vin. || RagoĂ»t au vin. ⇒ Civet. || Coq au vin. || Sauce au vin. || Maquereau au vin blanc.
♩ Le vin des noces : le vin qui Ă©tait offert au prĂȘtre qui avait cĂ©lĂ©brĂ© un mariage.
♩ SpĂ©cialt. || Le vin, symbole de l'ivresse, de l'ivrognerie. || Aimer le vin. ⇒ 2. Boire, biberonner, pinter. || Ivre (cit. 4) de vin. ⇒ AvinĂ© (cit. 1), soĂ»l; gris (I., B.). — ☑ Loc. Porter (vx), tenir bien le vin. || Être pris de vin (→ ci-dessous, 3.). — ☑ Cuver (cit. 2) son vin. — Vx. || Être gorgĂ© (cit. 2 et 4) de vin. — Vin traĂźtre qui monte Ă  la tĂȘte, tourne la tĂȘte. ⇒ Enivrer, soĂ»ler (→ Taper sur la cocarde; embrouiller [cit. 3] la cervelle). || FumĂ©es (cit. 10), vapeurs de vin. — Le vin dĂ©lie la langue, incite aux confidences. — ☑ Loc. Sac Ă  vin : ivrogne. — Être en vin : ĂȘtre ivre.
5 L'excÚs du vin dégrade l'homme, aliÚne au moins sa raison pour un temps, et l'abrutit à la longue. Mais enfin le goût du vin n'est pas un crime; il en fait rarement commettre; il rend l'homme stupide et non pas méchant.
Rousseau, Lettre Ă  d'Alembert.
6 Profondes joies du vin, qui ne vous a connues ? Quiconque a eu un remords Ă  apaiser, un souvenir Ă  Ă©voquer, une douleur Ă  noyer, un chĂąteau en Espagne Ă  bĂątir, tous enfin vous ont invoquĂ©, dieu mystĂ©rieux cachĂ© dans les fibres de la vigne. Qu'ils sont grands les spectacles du vin, illuminĂ©s par le soleil intĂ©rieur ! (
) Mais combien sont redoutables aussi ses voluptĂ©s foudroyantes et ses enchantements Ă©nervants.
Baudelaire, Du vin et du haschisch, II.
2 QuantitĂ© de vin bue en certaine occasion. || Le vin de l'Ă©trier. ⇒ Coup. — Un vin d'honneur, offert en l'honneur de quelqu'un (dans une rĂ©ception, etc.).
6.1 Le lendemain mĂȘme de mon arrivĂ©e Ă  Fianarantsoa, ils se rĂ©unirent pour m'offrir un « Vin d'Honneur », me donnant l'occasion de prendre avec eux le premier contact (
)
L. H. Lyautey, Paroles d'action, p. 11.
♩ ☑ (Mil. XVIIe, Scarron). Être entre deux vins, un peu gris.
3 ☑ Loc. (Mil. XVe). Ivresse; habitude de boire. Être pris (cit. 124 et 125) de vin. — (Vx). || Pointe de vin : lĂ©gĂšre ivresse. — ☑ Loc. Avoir le vin gai, triste, l'ivresse gaie, triste. — ☑ (1690, avoir un mauvais vin). Avoir le vin mauvais : devenir mĂ©chant sous l'effet de l'ivresse.
7 (
) Bécu, qui avait le vin mauvais, se fùcha. S'il tolérait la chose à jeun elle le blessait quand il était ivre.
Zola, la Terre, IV, III.
4 Par mĂ©taphore. || Le vin des sens (→ Enivrer, cit. 4). || Le vin de la santĂ© et de la joie (→ ImpĂ©tueusement, cit.).
8 Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe (
)
Baudelaire, les Épaves, « PiĂšces condamnĂ©es », III.
9 Vous direz que les mots Ă©perdument me grisent
Et que j'y crois goûter le vin de l'infini.
Aragon, les Yeux et la MĂ©moire, Sacre de l'avenir.
5 SpĂ©cialt. (Liturg. cathol.). L'une des deux espĂšces (cit. 3) sous lesquelles se fait la consĂ©cration. ⇒ Calice, consĂ©cration, eucharistie (cit. 2, 3, et supra). || Consacrer le pain et le vin. — (XIXe). || Vin de messe : vin naturel utilisĂ© dans la liturgie romaine.
10 (
) le vin est une substance sacramentelle. Il est exaltĂ© dans mainte page de la Bible et Notre-Seigneur n'a pas trouvĂ© de plus auguste matiĂšre pour la transformer en son sang. Il est donc digne et juste, Ă©quitable et salutaire de l'aimer !
Huysmans, l'Oblat, XI.
6 a Vin (au sens 1) additionnĂ© de diverses substances. — (1770). || Vin mĂ©dicinal.
b (1317). Liqueur alcoolisĂ©e, obtenue par fermentation d'un produit vĂ©gĂ©tal. || Vin de palme; vin de canne. || Vin de riz. || Vin de noix. || Vin de myrtilles. — (Au ZaĂŻre). || Vin de bananes (syn. : biĂšre de bananes).
♩ Vin de sucre, fait d'eau, de sucre, d'acide tartrique, additionnĂ© de tanin et de colorants (vendu frauduleusement au dĂ©b. du XXe siĂšcle comme du vin).
7 
 de vin (de la couleur du vin rouge). || Lie de vin. ⇒ 1. Lie. || Tache de vin. ⇒ Envie, névus.
❖
DÉR. AvinĂ©, 1. vinage, vinasse, vinĂ©e, viner, vinique.
COMP. Vinaigre. Esprit-de-vin, lie de vin, pĂšse-vin, pot-de-vin, taste-vin.
HOM. Vain, vingt; formes des v. vaincre et venir.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile LittrĂ©

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   Useful english dictionary

  • VIN — steht fĂŒr: das international standardisierte LĂ€nderkĂŒrzel fĂŒr St. Vincent und die Grenadinen nach ISO 3166 1:1997 (Codes for the representation of names of countries and their subdivisions – Part 1: Country codes) Vehicle Identification Number,… 
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  • VIN — abbrv. Vehicle identification number. The Essential Law Dictionary. Sphinx Publishing, An imprint of Sourcebooks, Inc. Amy Hackney Blackwell. 2008. VIN Vehicle identification number 
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